Au lendemain de l’indépendance, des artistes marocains partent à l’étranger, où ils côtoient les milieux de la création européenne qui connaît alors de profondes transformations.
Jillali Gharbaoui, Ahmed Cherkaoui et Farid Belkahiya sont les premiers à partir en Europe. Inspirés par les révolutions en cours dans le domaine de l’art informel, ils s’inscrivent dans ces mouvements dès la fin des années 1950.
Jillali Gharbaoui évolue vers une abstraction de plus en plus passionnelle, en relation avec les tumultes de sa vie.
Ahmed Cherkaoui, Farid Belkahiya, Mohamed Melihi - et de nombreux artistes dans leur sillage - aborderont dans leurs travaux les identités culturelles plurielles du Maroc, en relation avec les arts traditionnels ou les coutumes. Ainsi les signes qui animent les rites du tatouage, ou les matières utilisées par les artisans, comme les peaux et les cuivres, ou encore les motifs et les formes des tapis traditionnels deviendront autant de symboles qui alimentent les codes de la nouvelle création.
Des débats s’ouvrent à cette époque sur le sens et l’utilité de l’art. Comment se reconnaître dans la création, sans renier l’histoire de son pays et de son patrimoine, non plus que ses propres expériences ? L’artiste doit-il exprimer un engagement politique ou culturel ? Doit-il s’en tenir à sa vision créatrice ?
Dans les années 80, les artistes marocains évoluent de l’idée de progrès vers celle de l’individu et de ses aspirations
L’art ne doit alors plus être un discours partisan mais plutôt une expression de l’être, dans laquelle l’artiste rencontre son public. Ce phénomène s’observe chez des peintres comme Moa Bennani, Fouad Bellamine, Abdelkébir Rabi’ ou Saâd Hassani, ou encore chez Abbés Saladi qui exprime, lui, sa vision des mondes et des religions en inventant un nouveau langage, à la manière des surréalistes.


