2018

Les documents de travail sont des papiers de recherche produits par les cadres de Bank Al-Maghrib ou en collaboration avec des chercheurs externes principalement dans les domaines constituant le centre d’intérêt de l’Institution. Leur publication s’inscrit dans la politique générale de transparence de la Banque. Elle vise à partager les résultats des travaux de recherche menés, à susciter les débats sur les questions économiques et financières et à renforcer les liens avec les milieux universitaires et de recherche.

Les domaines couverts par cette publication sont multiples et incluent, en particulier, la politique monétaire et de change, la stabilité financière, la supervision bancaire, la modélisation macroéconomique et les politiques publiques. Les documents publiés sont préalablement évalués par des arbitres externes, universitaires et chercheurs de Banques centrales réputées, afin de garantir une meilleure qualité et rigueur scientifique. Toutefois, les idées et les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue  de Bank Al-Maghrib.

Liste des Documents de travail publiés

N°1: Estimation bayésienne d’un modèle néo-keynésien pour l’économie marocaine

Jawad EL OTHMANI

Résumé : Ce travail porte sur l'estimation d'un modèle hybride néo-keynesien (HNKM) formé de trois équations structurelles caractérisant l'économie marocaine. Il s'agit de la courbe de demande, de la courbe d'o¤re et d'une règle Taylor augmentée des réserves de change. Le modèle est estimé par une approche bayésienne à partir des données trimestrielles couvrant la période 1998Q1-2016Q4. Parallèlement et s'inspirant des travaux de Del Negro et Schorfheide (2004), un modèle BVAR-DSGE a été estimé en exploitant les priors issus du modèle HNKM. Les fonctions de réponse impulsionnelles ont été comparées et les performances prédictives de ces deux modèles structurels ont été confrontées à des modèles statistiques alternatifs: le VAR classique et le BVAR. Il ressort des résultats des modèles HNKM et BVAR-DSGE que les réactions des variables aux di¤érents chocs sont globalement similaires et conformes aux prédictions de la théorie économique. L'étude de la qualité prévisionnelle des di¤érents modèles indique que le BVAR-DSGE et le HNKM présentent des avantages comparatifs mais sans dominer, en tous points, les modèles statistiques tels que le VAR classique et le VAR bayésien.

Classification-JEL : C10, C11, C13, E10, E12, E17.

Mots clés : HNKM, BVAR-DSGE, BVAR, estimation bayésienne.

 

N°2: Pass-through du taux d’intérêt au Maroc : Enseignements à partir de l’enquête trimestrielle sur les taux débiteurs

Hicham BENNOUNA

Résumé : Nous étudions la dynamique de la transmission des décisions de politique monétaire aux taux d’intérêt de détail des banques à l’aide des données de l’enquête trimestrielle sur les taux débiteurs de Bank Al-Maghrib. Les données utilisées recouvrent les taux moyens appliqués aux nouveaux prêts ventilés par objet économique (immobilier, trésorerie, équipement, et consommation) et par secteur institutionnel (ménages, entreprises non financières et entrepreneurs individuels) entre 2006T2 et 2017T2. Un modèle à correction d’erreur en panel est utilisé pour estimer le passthrough et la vitesse d’ajustement des taux débiteurs aux impulsions de politique monétaire. Les résultats obtenus suggèrent que le pass-through diffère selon l’objet économique et le secteur institutionnel. En effet, la transmission à long terme aux taux des prêts immobiliers et des crédits à l’équipement est complète. En revanche, la transmission est incomplète pour les crédits de trésorerie et à la consommation. Par secteur institutionnel, le pass-through est relativement plus important pour les prêts octroyés aux entreprises comparativement aux crédits destinés aux entrepreneurs individuels et aux ménages. Enfin, les résultats mettent en évidence que la structure financière des banques n’affecte pas la transmission à long terme du taux d’intérêt interbancaire aux taux débiteurs. Par contre, elle impacte les délais d’ajustement.

Classification-JEL : E43, E52, G21.

Mots clés : Taux d’intérêt de détail ; Pass-through ; Hétérogénéité ; Modèle à correction d’erreur

 

N°3: Capital humain au Maroc: Evaluation fondée sur le revenu de la vie entière

BENAZZI Sara, EL OTHMANI Jawad et SAIDI Abdessamad

Résumé : Le présent document de travail fournit une estimation du stock de capital humain au Maroc en 1999 et 2012, en adoptant l’approche fondée sur le revenu de la vie entière (Jorgenson et Fraumeni, 1989, 1992a, 1992b). Les résultats montrent qu’au cours de la période 1999-2012, le stock de capital humain a connu une progression annuelle moyenne de 3% en termes réels et demeure, ainsi, la première source de création de richesse au Maroc. Cette évolution est due d’une part à l’augmentation du nombre d’individus en âge de travailler et d’autre part à une relative amélioration de leurs niveaux de qualification. Néanmoins, la qualité du système d’éducation et de formation et le faible taux d’emploi constituent des défis majeurs à relever pour poursuivre le renforcement du capital humain et maintenir sa position en tant que principale source de création de la richesse au Maroc. Enfin, les estimations réalisées ont été enrichies par des analyses de sensibilité par rapport aux données sur les salaires et aux hypothèses relatives à la croissance des revenus futurs et à leur taux d’actualisation.

Classification-JEL : J24, I30, C55.

Mots clés : Capital humain, Richesse globale, Approche du revenu de la vie entière.

 

N°4 : Analyse de la transmission de la politique monétaire vers les taux souverains

BENNOUNA Hicham et BOUNADER Lahcen

Résumé : Ce document a pour objectif d’évaluer la transmission des décisions de politique monétaire vers les taux des bons du trésor de 2 ans, 5 ans et 10 ans au Maroc. Plusieurs modèles SVAR ont été estimés à partir des données trimestrielles relatives à la période 2007-2017. Deux approches différentes d’identification des chocs structurels ont été utilisées: (1) la factorisation récursive à la Christiano-Eichenbaum-Evans (1999) et (2) l’identification non-récursive à la Sims-Zha (2006). Les résultats de la décomposition de la variance suggèrent que les chocs macroéconomiques exercent un impact relativement prépondérant sur les titres souverains de maturités 5 et 10 ans comparativement à ceux de 2 ans. De même, les fonctions de réponses impulsionnelles montrent qu’une politique monétaire restrictive entraine une pentification de la courbe des taux, autrement dit, les taux longs affichent une sensibilité plus prononcée que les taux de courtes maturités. En revanche, les résultats suggèrent qu’une part importante de la réaction des taux souverains de 5 et 10 ans est expliquée par la composante « prime de risque » alors que les taux de 2 ans sont principalement gouvernés par le choc de politique monétaire.

Classification-JEL :  E43, E52, E58, G12.

Mots clés : Courbe des taux, prime de risque, décomposition de la variance, chocs de politique monétaire.

 

N°5 : Séries de pièces et billets socialement optimales: les coûts de production comptent-ils réellement ?

BOUHDAOUI Yassine

Résumé : En ajoutant de nouvelles valeurs faciales aux séries de pièces et billets en circulation, les banques centrales visent à faciliter les paiements en espèces. Cependant, en pratique ces dernières optent pour des séries de dénominations monétaires de taille limitée. La littérature explique ce choix par les coûts de production supplémentaires associés à l’introduction de nouvelles valeurs faciales. Bouhdaoui et Van Hove (2017) teste cette hypothèse en introduisant un coût fixe par valeur faciale dans le modèle d’appariement de Lee et al. (2005) sur la base des données de production des dénominations monétaires aux Etats-Unis. Le présent papier réalise cette analyse dans le contexte marocain. Les résultats obtenus confirment que la taille des séries de dénominations peut être augmentée au-delà des seuils observés en pratique sans que les économies, résultant des gains obtenus en efficacité́ des paiements, ne soient dominées par les coûts de production additionnels. Ainsi, l’étude suggère que la limitation du nombre de dénominations proviendrait de coûts calculatoires et d’habituation supportés par le public lors de l’utilisation de nouvelles valeurs faciales. Ces coûts sont anticipés par les banques centrales mais ne sont pas pris en compte dans les modèles existants.

Classification-JEL :  E40, E42, E47.

Mots clés : Divisions monétaires, Billets de banque, Banque centrale, Coût social, modèle de search.

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